
Dans quel sens poser un parquet selon la pièce et la lumière
Un parquet se pose d'abord en fonction de son support, puis de la lumière, puis de la forme de la pièce. Sur des solives ou un ancien plancher, les lames doivent les croiser. Sur une chape, on oriente en général les lames dans le sens de la lumière, perpendiculaires au mur de la fenêtre principale, pour que le jour file le long des joints, et si cette orientation fait traverser une pièce étroite dans sa largeur, on arbitre avec la longueur.
Solives et ancien plancher imposent le sens
Un parquet cloué ou vissé tient par ses points de fixation, si bien que des lames parallèles aux solives n'auraient rien pour les porter entre deux appuis. Les lames croisent donc les solives ou les lambourdes, et l'écart entre celles-ci doit correspondre à l'épaisseur du parquet indiquée par le fabricant.
La logique reste proche quand on pose sur un vieux plancher conservé. Des lames neuves placées perpendiculairement aux anciennes enjambent leurs creux et leurs légers décalages, alors que des lames parallèles risquent de suivre un défaut sur toute leur longueur et de se mettre à grincer. Si l'orientation qui en résulte ne plaît pas, un panneau d'agencement vissé sur l'ancien plancher redonne un support plan, et le choix du sens redevient libre.
Sur une chape, une dalle ou un carrelage, un parquet flottant ou collé n'a pas ce genre de contrainte. Reste à vérifier la planéité et l'humidité, deux points autrement plus risqués pour la tenue du sol que l'orientation : notre guide de pose du parquet flottant clipsable détaille ces contrôles.
La lumière de la fenêtre et les joints
Quand le jour arrive parallèlement aux lames, il longe les joints sans presque y créer d'ombre. Quand il arrive de face, chaque petit chanfrein reçoit la lumière d'un côté et reste sombre de l'autre, ce qui dessine une série de lignes d'autant plus visibles que le soleil est bas.
L'écart se remarque surtout avec des lames à chanfrein marqué, un vernis brillant et une grande baie vitrée, parce que le reflet accentue le relief. Sur une lame sans chanfrein et une finition huilée mate, il devient plus discret et la lumière cesse d'être un argument décisif. Quand une pièce a deux fenêtres, on regarde celle qui éclaire réellement le sol aux heures où l'on occupe la pièce, souvent la plus grande.
La longueur de la pièce et le nombre de coupes
Poser dans la longueur réduit le nombre de rangées, donc de rives à recouper, et allonge visuellement la pièce. Dans un couloir, ce sens s'impose presque toujours : des lames en travers multiplieraient les rangées, donc les coupes, et casseraient la perspective du passage.
Le cas délicat est celui d'une chambre de 5 mètres sur 3,60 dont la fenêtre occupe le grand côté, car la lumière demande des lames parties dans la largeur. On peut alors suivre la lumière si le parquet a un chanfrein prononcé, ou garder la longueur si les lames en ont peu. Comparez sur place, à la lumière du matin puis du soir, avec cinq ou six lames posées à sec dans chaque sens : ce test prend dix minutes et vaut mieux que n'importe quelle règle générale.
| Situation | Sens conseillé | Motif |
|---|---|---|
| Solives ou lambourdes | Perpendiculaire | Appui des lames à chaque solive |
| Vieux plancher conservé sans panneaux | Perpendiculaire aux anciennes lames | Défauts franchis, moins de grincements |
| Couloir | Dans la longueur | Moins de coupes, perspective continue |
| Fenêtre sur le petit côté | Dans la longueur | Lumière et longueur vont dans le même sens |
| Fenêtre sur le grand côté, lames chanfreinées | Parallèle au jour | Joints moins visibles |
| Fenêtre sur le grand côté, lames sans chanfrein | Au choix, souvent la longueur | L'effet de lumière reste faible |
Plusieurs pièces et portes qui se suivent
Un même sens dans un séjour et le couloir qui le prolonge évite une rupture au passage de la porte et donne l'impression d'un seul sol. La pose flottante impose toutefois de fractionner les grandes surfaces et les passages étroits, selon les limites du fabricant : un joint de dilatation sous la porte reste alors nécessaire, même si les lames gardent la même direction d'une pièce à l'autre.
Avant de lancer la première rangée, relevez aussi le mur de départ. Un mur rarement droit donne une dernière rangée en biais si on le suit, et il vaut mieux tracer une ligne au cordeau parallèle au mur le plus visible, puis ajuster la première rangée à ce trait. Comptez enfin vos chutes selon la pose : 5 à 7 % en pose droite dans une pièce simple, davantage avec des recoins, et prenez l'outil adéquat pour les coupes, décrit dans notre article sur l'outillage de pose du parquet.
Photo : Raphael Mecke, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
Questions fréquentes
Peut-on poser un parquet en travers de la fenêtre ?
Oui. Le parquet tiendra aussi bien, seul le rendu change : avec un jour rasant, les joints et les chanfreins se voient davantage. Ce choix se défend quand il évite beaucoup de coupes ou quand les lames doivent croiser des solives.
Faut-il garder le même sens de pose dans toutes les pièces ?
Un même sens dans les pièces qui se suivent donne une continuité agréable et simplifie les seuils. Un changement reste possible à une porte, avec une barre de seuil ou un joint de dilatation à cet endroit.
Le sens du parquet agrandit-il vraiment une pièce ?
Les lignes conduisent le regard. Des lames dans la longueur allongent une pièce étroite, tandis que des lames dans la largeur atténuent son effet de couloir mais raccourcissent sa perspective. L'effet reste modeste comparé à la lumière et à la teinte.